A diet of broken biscuits (narcissite)

 

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You once said you liked happy endings

Cher réseau.

Je te présente donc Lili.
Lili est ma fille.
Elle a deux ans et demi.

C'est, partiellement, en cachant cette information que j'ai ralenti ce blog.

Embarque avec moi dans la machine à remonter le temps, que je t'explique.

Il y a plus de quatre ans, moi et Joya gambadions heureux sur les jolis nuages de l'amour libre. Joya prenait la pilule, et se croyait peu apte à la fécondité.
Certain retard la surprit, au dépourvu, et sans prévenir en plus.

Sur le moment, Joya s'est posée deux questions : qui est le père, et qu'est-ce que je fais ?
La seconde reçut une réponse simple : "je garde l'enfant, d'ailleurs, j'envisageais l'adoption depuis quelques temps."

La première avait peu de chances d'être résolue aussi rapidement. A cette époque, Joya menait parallèlement deux relations. Néanmoins, nous avons commencé à discuter de la reconnaissance en paternité, de l'impact sur notre relation…
Et puis, un soir du 3ème mois, Joya a ressenti une douleur. Qui, dans les jours suivants, fut suivit d'un saignement inquiétant.
La conception n'arriverait pas à terme.

Mais Joya avait pris conscience de sa possibilité physique d'être mère. Et autour de la quarantaine, la question se pose bien pressante
Alors nous avons décidé que je lui ferai un enfant. Cette fois, je serai le géniteur sans doute possible. Je serai père, au sens légal et génétique, sans tenir le rôle d'un papa.

C'est bien sûr là qu'entrent en jeu quelques questions morales.

- Pourquoi ne pas faire le papa ?
Je n'en ai jamais eu le projet. Ni personnellement, ni dans le cadre d'un couple avec Joya. Je ne me sens ni l'envie ni la capacité de prendre un rôle porteur dans un foyer.

- Alors pourquoi faire un gosse, c'est dingue ça, tu sais ce que c'est une mère seule, qu'est-ce qu'il ferait Jésus, hein ?
Faire un enfant à Joya, c'était lui faire un cadeau, en soi. J'aurai pu être un homme de passage, la beauté du cadeau aurait été pratiquement la même.
Mais surtout… j'aurai jamais fait un enfant à n'importe quelle "concubine future mère célibataire". Joya est bien installée dans la vie, a la tête sur les épaules, les pieds sur terre et le cœur sur la main. Hem. Je respecte sa personne et ses valeurs.


- tu te décharges complètement sur elle, branleur. T'assumes pas un pet de lapin.
D'abord, je n'ai pas déchargé sur elle, puisqu'il y a eu enfantement.
Ensuite, non, je ne crois pas me décharger de responsabilités. Je pense en avoir pris de différentes de celles d'un papa. Lili sait et saura qui je suis, je passerai du temps avec elle, je répondrai aux questions quand elles viendront. Elle porte mon nom de famille, et ma porte sera ouverte. Facile à dire, et je mesure que ce sera plus compliqué dans la vraie vie.
Tout cela se base sur la bonne foi, la confiance.

Joya élèvera Lili au mieux. Elle en a les moyens matériels et affectifs. Sa famille a accueilli Lili et le contexte de sa naissance avec enthousiasme.
De mon côté, je ne me défilerai pas…


Selon moi, on devrait passer un permis d'éduquer un enfant (et révérer Mao). Je plaisante à peine. Je crois sincèrement que la plupart des gens ne devraient pas avoir le droit d'élever un enfant, au simple constat de la façon dont ils se sont élevés eux-mêmes. Moi, on ne devrait pas me confier un enfant à élever. Je ne suis pas prêt, pas assez mûr pour ça.
On devrait faire passer des examens de psychologie, et des tests de civisme, tiens. Histoire de s'assurer que l'enfant n'héritera pas d'un bagage de névroses non traitées trop lourd ni d'une éducation sociopathogène.
Toute l'histoire, c'est que, selon mes critères, Joya aurait eu ce permis haut la main.
Voilà pour la confiance.

Pour ma part, je n'ai pas tout assumé de front dès le départ.
Quand Lili est née, j'étais au RMI, et je ne savais pas trop comment mettre du pain sur ma table de façon autonome. J'avais un toit de garanti au dessus de ma tête, mais une part de ma psyché clairement en vrac, et sur ma table, des nouilles salées, copayées par mon père et l'Etat.

A l'époque, ma relation avec mon père était… tendue. Aujourd'hui elle est juste embarrassée. Alors j'ai caché la naissance de Lili à tout le monde. Pour moi, je ne pouvais pas d'un côté mentir à mon père et en parler à d'autres. Il s'agissait de ne pas me présenter comme un irresponsable, parasite familial diplômé, désargenté et dépressif prenant une décision cruciale. C'est ce que j'étais, mais je suis un tas d'autre choses qui, pour moi, garantissaient ma bonne foi; mon bon sens et ma détermination, mais qui, de son point de vue, auraient peut-être semblées peu convaincantes.

Je ne sais vraiment pas comment c'aurait été reçu. Sans doute avec attention, et sans crash irrémédiable… Mais comment aurai-je pris sa réaction ? J'étais déjà pas dans un état brillant, j'aurai pu dire des conneries, en faire.
Bref. J'ai décidé de me mettre matériellement plus à l'aise avant de dire quoi que ce soit. De me prouver à moi-même que je pouvais gagner ma croûte, que j'étais assez équilibré pour faire des choix instables.
Il y avait peut-être de la fausse excuse là dedans. Sûrement. Mais prouver ma solidité, et, dans une certaine mesure, ma solvabilité me semblait important ; avoir une position tenable, où je pourrai affirmer en même temps que je prends des chemins personnels sans que cette légère marginalité soit le signe d'un chaos ou d'une dérive malsaine…

C'est fait. Mon boulot n'est pas plus qu'alimentaire. Ma poussée d'ambition d'automne 2007 a été étouffée par des contraintes budgétaires. Mais j'ai assaini tout ça à coups d'étrennes et d'heures sup'. Alors me revla avec un conteur qui avance à peu près normalement, que j'ai pas à planquer.
Lili m'appelle papa, et semble ne pas trop s'étonner que je ne vive pas avec elle. Elle babille, va au gignol, adore Fifi Brindacier. Je ne l'ai jamais changée, ni nourri. J'étais là à la naissance, et on se noie tous les deux le nez dans l'oreiller pour dormir.

J'ai fini par déclarer cette situation à mes proches pendant les vacances de Noël. Certains ne sont pas encore au courant, plus pour des questions de disponibilité que d'attention personnelle. J'avais à être présent sur plusieurs fronts.

Mais je vais quand même fermer ce blog. Je vais continuer à écrire en ligne, mais pas ici.
Parce qu'une autre partie de ma vie réclame un peu d'étanchéité. Ou au moins une recherche d'étanchéité.

Ma relation avec Joya a toujours une importance affective et structurante dans ma vie. Mais je suis fidèle à mon infidélité, à mon refus du monocouple et au polyamour. (Ca non plus, ça fait pas très papa). J'ai rencontré une bien plaisante Tapuchette. J'ai vécu des petites choses plus temporaires.
A vrai dire, il a fallu que je cache Tapuchette à Joya, et réciproquement, pendant un premier temps. Le temps de révéler Lili à ma famille, déjà… Ensuite, le retournement des cartes sur la table s'est fait progressivement, et sans bobos trop méchants.
Et je veux avoir un peu de place pour penser sans pudeur ces thèmes des liens affectifs, raconter ma vie. Bien que Tapuchette et Joya sachent toutes deux.


Alors voilà, c'est là où j'en suis. Tu as envie de savoir la suite ? Ecris-moi, si on se connaît même un peu, même par ami d'ami, je t'envoie le lien (après vérification, hein… )
Les quelques personnes par qui je ne tiens pas à être lu sont au courant de mon besoin "ciblé" d'intimité. Je pense parler de nouveau plus souvent de mes sentiments, et j'ai appris que ces moments d'écritures-là ont rarement une place logique dans les relations que je vais aborder.

Je n'interdis à personne de chercher, recouper pseudos, fréquentations, tout ça… Mais je fais l'effort de me cacher un peu, même symboliquement. Celui qui irait me voir là bas sans m'avoir demandé mon avis le fait "en conscience" de sa clandestinité obligée.

Voilà… Merci de m'avoir lu jusque là. A bientôt, j'espère !


(And in the clear stands the boxer)


 

26.2.08 22:53


Splendid details following

Il n'y aura bientôt plus de mise à jour à cette adresse.

Une dernière, pour raconter quelques gros trucs, et je met les bouts.

Tout va bien, enfin, tout va mieux.

30.12.07 23:09


Humpf

Pas détendu.
Pas clair dans ma tête.
Moins confiant.
Quelques complications à venir.

Le cœur et l'esprit pas en paix. Genre "la drôle de guerre".

Je veux un abonnement à cheerland.  

27.11.07 11:42


Accord sur les téléchargements

 

Ils sont contents.
L'Etat, les ditributeurs, les fournisseurs d'accès et certains artistes.
Ils ont pris des décisions pour qu'on arrête de leur vider les poches.
Bruel ne sera pas à la rue demain matin. Etonnant.

Cet accord n'est pas un contrat.
(Je suppose que quelque part en signant avec mon distributeur, celui qu'a voulut tradmarquer une couleur, j'ai dû promettre que si je faisais des saletés avec ses tuyaux numériques ce serait moi qui serait puni)
Mais cet accord, là, moi j'ai rien signé.
Aucun public, auditeur ou spectateur n'a signé. On décide du droit d'usage de la culture sans écouter qui consomme. Et en s'intéressant encore moins aux spécifités des supports.
La technique et les gens vont trop vite, pondons un accord bien bétonné. La ligne maginot du commerce en ligne.

Ils s'accordent pas pour changer les prix, standardiser le matos...
Ils s'accordent pour nous faire payer ce qu'on prend.
Sans envisager une seconde que la valeur de ce qui est échangé est aussi décidée par le consommateur, et par la facilité de l'échange.
Ils acceptent pas que, dans le marché, une grosse partie de leurs troupes sont devenues obsolètes. On a plus besoin de vos magasins, camions, et vendeurs non qualifiés, mais vous devez quand même les payer et payer vos actionnaires... Ca c'est dur, hein ?

Je ne suis pas con : je ne dis pas "ça doit être gratos".

Je suis prêt à payer une redevance, une taxe sur les supports vierges, un abonnement... Mais acheter un par un des bidules dont on me déverse les propositions d'achats par tonnes chez moi, non, niet.
Je paierai ce qui est juste.
Je suis prêt à débattre de la notion de juste et de ses conséquences.
Qu'on me consulte, on fera des accords après.

C'est bien qu'Internet soit là pour que les gens expriment des évidences quelques fois... Quand les support d'info contiennent nawak, par exemple... 

24.11.07 13:19


Régimes spéciaux

ouais !

Moi aussi !

 

Alors, pour ceux pour lesquels quelques phrases alignées ne représentent pas du temps perdu à pas regarder M6 :
des arguments un peu plus solides sur les régimes spéciaux. Il en ressort en gros que l'urgence de gommer les régimes spéciaux est toute relative, et que le vieillissement de la population où on est 3 djeunes à ramer pour soutenir 40 vieux est un cliché idiot.

 

Autre chose : dans le cadre de la reconduction de la grève, j'apprends que des trains et transports seront affrétés spécialement pour le public de la rencontre  de foute balle "France Maroc".
Avant tout, ça me renforce dans ma conviction que le sport c'est pas un truc  innocent, happy festif et tout.

 

 

16.11.07 13:22


Quand j'ai rien à dire, je milite

Camarade bobo, ami de mon réseau, voilà un truc que je connais et qu'est bien :

Un clip de Kenny Arkana

(pourvu qu'ils tuent pas Kenny)

Bah oui, c'est militant, donc limité. Mais il y a aussi un peu du frisson flippant que pouvaient communiquer les bérus.

C'est bizarre, ce genre de musique qui nous est accessible (j'ai entendu la première fois le moreau dans une compil' des inrocks, ça fais pas très underground) et, officiellement, destiné à une autre jeunesse plus galérienne.

Mais ça touche à une de mes intuitions personnelles : la distribution d'une partie de la culture est devenue moins significative sur son contenu.

Le medium se croit tellement le message, croit tellement à l'apathie du récepteur, qu'il ne se donne plus la peine de filtrer certains agents culturels actifs.
Traduction : les producteurs de musique, cinéma, littérature, art, ne craignent pas que ce qu'ils vendent se retournent contre eux, ils se sentent si forts. De plus, une partie soi-disant cultivée du public refusera de toute façon de consommer leur production.
Mais c'est trop simpliste pour être vrai : il y a des contenus qui marquent, des liens personnels se créent avec eux, quelle que soit la source. Que les bonnes ondes ne se perdent pas dans le bruit du marché à merdes n'est qu'une question de tri sélectif affiné.

Les étiquettes "indé, à l'arrache, méconnu, " et "distribué par Big Brother" ne sont plus valides. Ou, plus précisément, en faire un critère prioritaire est une erreur voulue par Big Brother, afin que chacun s'occupe de son enclos, plus ou moins grand, et que les vaches soient bien gardées.

Ainsi, une radicalité des idées et des formes, développée pour elle-même et indépendamment de ce qu'il y est à dire$ et à répéter sur tous les tons, ne mène finalement qu'à une absence d'impact.

 

5.10.07 11:34


Tuer le glandu

Aujourd'hui, en finir avec ma paresse est souhaitable, faisable, et surtout, pensable.

Ce qui m'avance beaucoup et pas du tout.

Pour vivre avec mes idéaux, selon mon coeur comme chantait l'autre, il faut que je renonce à une part importante de ma vie. Une part de liberté. Mon sommeil, mes glandes, mes flous, mes solitudes.

Pour travailler sur l'écriture, pour vivre mes amours, pour être sur des fronts où je dois être...
Faut arrêter la glande, comme d'autre doivent arrêter l'alcool.

Jusqu'ici, j'ai repoussé cette échéance. Je peux, ce soir, regarder mon choix en face...
Devenir esclave pour me faire plus fort.

Non, je n'étais pas esclave pas avant. Moins que toi.
Purement par chance, sans mérite, je suis fils de maître. J'ai prolongé cette situation très loin.
Je suis plus libre que les autres, au quotidien, sur des choses aussi simples que mon heure de lever, ma responsabilité sur le lendemain, ou le choix de qui m'emploie pour quoi.

On peut obtenir ces libertés rarissimes. Je les ai dans un certain confort.
Je n'en ressens pas (plus) de culpabilité.

Maintenant, je peux agir pour en être fier. Mais je dois choisir de renoncer à ma liberté paresseuse, pour un esclavage totalement nouveau pour moi. Renoncer à des plaisirs que je connais bien, dans lesquels j'ai longtemps vécu. Des grasses mat' commes d'autres en rêvent, des temps de loisir grand luxe.

L'esclavage, c'est de ne pas me payer en temps libre le peu de temps et d'énergie que je donne au travail.
C'est d'ajouter là dessus encore plus de travail, de responsabilité, d'exigeance, tout en continuant de ramer plus d'un quart de ma journée pour quelque chose qui ne m'intéresse pas.
Cette définition de l'esclavage peut sembler complètement crétine. On pourrait me calmer en me montrant ne serait-ce qu'une heure de la vie d'un ouvrier.
On ne prouverait pourtant pas grand chose : je sais bien qu'il y a pire, je parle de choisir de vivre avec plus de difficulté par rapport à ce que je connais, ce que j'ai toujours connu. Régresser fait plus mal qu'endurer depuis toujours.
Etre esclave, donc. Galérer comme tous eux que je connais. Etre vraiment bien fatigué (bosser littéraire, m'organiser pour avoir liens et solitude, faire de l'exercice), foutre à la baille les, hm, mettons, 30 heures de temps libre que j'ai de plus que la plupart des gens. (Si je peux faire sans, je le ferai : si je pouvais travailler moins pour gagner plus, en argent et en temps d'investissement libre, je le ferais. ME connaissant, je trouverai même moyen d'y arriver.)

Voilà, je sais que je peux passer à l'action, dépasser de fait une résolution ; ça me fiche la trouille. Dans un sens, ça veut dire que je vais mieux.

 

Merci à celles (et quelques ceux) qui m'ont donné l'occasion d'être à ce seuil. J'en bave d'avance, mais les yeux bien ouverts.

18.9.07 01:04


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